ITINÉRAIRES

ITINÉRAIRES
un jour le monde changera

Ils et elles rêvent, luttent, s’engagent, dénoncent et offrent un spectacle inattendu et bourré d’espoir du futur de notre vieux continent.
Ils ? Elles ? De jeunes artistes d’Europe, mixeurs géniaux de leur passé, de leur histoire et de leur avenir. Le spectacle s’ouvre sur une fable. Une famille de manchots s’exile du Pays des Glaces pour éviter le cataclysme annoncé et protéger ses enfants. Crise écologique et défi migratoire, voici donc posés en préambule les grands enjeux de l’époque et de l’Europe.
Ils taraudent les nouvelles générations et trouvent, avec cette troupe polyglotte et multiculturelle, une caisse de résonance iconoclaste et réjouissante. Pour conjurer l’apocalypse annoncée, les six interprètes, nés d’horizons très différents, ravivent le passé. Leurs passés. En roumain, en français, en allemand, en berbère, ils instillent l’histoire vécue de leurs familles dans leurs désirs et leurs combats pour un autre monde. Car ils en sont convaincus : un jour le monde changera. Et ce sera grâce à eux.

crédit photo : Jean-Louis Fernandez

Alors que les nationalismes de tous poils parcourent l’échine de notre vieux continent, deux artistes, l’un roumain, l’autre français, réunissent des acteurs natifs de ces deux pays, pour poser la question qui les taraude : à quel moment sommes-nous prêts à faire bouger nos frontières ? D’Est en Ouest, à Bucarest ou Paris, le théâtre d’Eugen Jebeleanu et de Yann Verburgh puise dans ses interprètes et dans l’actualité la matière de ses fictions : corruption, migration, fonte de la banquise au Groenland…

crédit photo : Jean-Louis Fernandez

Le spectacle s’ouvre sur une fable qui dépeint le départ d’une famille de manchots du Pays-des-Glaces pour l’Autre-Pays où ils espèrent trouver une vie meilleure et offrir un avenir à leurs enfants. En découle, dans une écriture mosaïque et documentée, des scènes plurilingues où les langues se confrontent, se comprennent et se répondent, comme autant d’allers-retours entre réalité et fiction, entre conte et témoignage, entre personnage et personnel, entre altérité et identité. Les témoignages des acteurs y deviennent révoltes et manifestes sur la condition de l’artiste-citoyen qui cherche autant sa place sur scène que dans la société entre rapports de force et codes de représentation.

ITINÉRAIRES un jour le monde changera questionne la construction identitaire au sein d’un territoire en pleine mutation et les mécanismes de combat entre l’individu et la collectivité, dans un jeu perpétuel et ludique de mise en abîme théâtrale qui explore nos frontières intimes à l’aune de celles qui dessinent l’Europe du 21e siècle.

GÉNÉRIQUE ET SOUTIENS

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un jour le monde changera

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crédit photo : Jean-Louis Fernandez

Mise en scène Eugen Jebeleanu
Texte et Dramaturgie Yann Verburgh
Scénographie Velica Panduru
Création lumière Velica Panduru et Marine Le Vey
Jeu Ioana Bugarin, Nicholas Catianis, Clémence Laboureau, Radouan Leflahi, Ilinca Manolache, Claire Puygrenier
Création sonore et régie son Rémi Billardon
Assistant mise en scène Ugo Leonard
Régie générale et plateau Nina Tanné
Surtitres Monica Zarna / Panthéa Paris Berlin
Traduction roumaine Diana Nechit
Voix off et vidéo Alex Calin
Direction de production Mickaël Le Bouëdec, Eux Trémä Production


Production Compagnie des Ogres et Arcub Gabroni – Centre Culturel de Bucarest.


Coproduction MCA, Maison de la Culture d’Amiens – Pôle européen de création ; Le Phénix scène nationale – Pôle européen de création dans le cadre du Campus partagé Amiens-Valenciennes ; Théâtre de Choisy-le-Roi – scène conventionnée d’intérêt national – Art et Création pour la diversité linguistique ; Le Gallia Théâtre – scène conventionnée d’intérêt national Art et Création de Saintes ; La Comédie de Béthune, Centre Dramatique National du Nord-Pas-de-Calais.


Avec le soutien du centre national des écritures du spectacle de la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon, de la SPEDIDAM et du Fonds de dotation POROSUS.

Spectacle lauréat du Prix UNITER pour la meilleure mise en scène.

Spectacle labellisé par la saison croisée France-Roumanie 2018-19, avec le soutien de l’Institut Français et du Comité des mécènes de la Saison France-Roumanie 2019, présidé par M. Frédéric Oudéa, Directeur Général du Groupe Société Générale, composé de Société Générale, Carrefour, Engie, Groupama, Mazars, la Fondation d’entreprise Michelin, Orange, Groupe Renault, Veolia, la CCI française en Roumanie, Sanofi et Faurecia.

NOTE D’INTENTION

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un jour le monde changera

crédit photo : Jean-Louis Fernandez

« En 1994, mon père quittait la Roumanie pour aller travailler en Allemagne en vue d’une vie meilleure pour lui et sa famille. Peu de temps après, suite à un choc traumatique, il est revenu au foyer familial avec un autre regard sur le monde, oubliant son rêve d’Occident et ses projections sur la liberté européenne. Ce moment a été déclencheur d’une nouvelle construction identitaire pour lui ainsi que pour les membres de ma famille.

Je vis aujourd’hui entre la France et la Roumanie et je me construis sur les gravas du passé, ceux de ma famille et ceux de mon pays mais avec la conviction qu’une possibilité de créer des ponts entre ces deux cultures est encore possible, au-delà des préjugés, des limites et des jugements de valeurs. ITINÉRAIRES un jour le monde changera est pour moi un projet comme une réponse nécessaire à tous ces questionnements sur le monde d’aujourd’hui.

Au vu des grands mouvements de manifestations qui ont lieu en Roumanie et en France et qui représentent, aujourd’hui, les plus amples contestations populaires en Europe, j’ai envie de donner voix à une troupe d’acteurs en lutte pour ses droits et sa place dans un monde plus juste.

Mon travail de metteur en scène m’a conduit ces dernières années à travailler en Roumanie, en France et en Allemagne, au coeur de trois cultures différentes, dirigeant des actrices et des acteurs dans trois langues différentes. J’aimerais aujourd’hui réunir ces univers et ces langues sur un même plateau dans le but de faire naître un langage commun, celui d’une diversité au sein de laquelle les langues se confronteront, se comprendront et se répondront. Pour cela, je vais réunir des acteurs de nationalité roumaine et française pour créer un théâtre européen, qui aura pour ambition de délivrer une image sensible de ces altérités qui nous construisent.

Je souhaite que ce spectacle soit un spectacle sur les frontières intimes et les combats contre des systèmes qui nous oppressent. Ce projet est un acte de résistance face à des préjugés et des discriminations latentes entre les peuples d’Europe et représente pour moi un geste artistique fondamental autant qu’un manifeste nécessaire : la promotion de la diversité dans l’art. En jouant avec les codes théâtraux et les conventions, j’aimerais créer un théâtre de l’empathie qui éveillera chez le spectateur un esprit critique. À travers ces histoires, entre fiction et réalité, au carrefour de cinq langues (roumain, français, allemand, anglais et berbère) nous parlerons de l’Europe d’aujourd’hui, en cassant les codes de représentation et de la convention théâtrale. »

Eugen Jebeleanu

 

 

CONTEXTE MENANT A L’ÉCRITURE

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un jour le monde changera

« À l’aune du Brexit, des replis identitaires et d’un euroscepticisme décomplexé et galopant, que demeure-t-il de l’utopie européenne ? À combien de vitesses l’Europe fonctionne-telle ? À qui bénéficie-t-elle ? Schengen, zone Euro, combien d’Europes existent-ils ? Plus de 25 ans après la signature du traité de Maastricht qui a posé les bases de l’Union européenne, où en sommes-nous de ce mariage plural et interculturel ? Et du point de vue théâtral, qu’est-elle en mesure de produire ? Un théâtre européen, débarrassé de tout exotisme, multiculturel et plurilingue, est-il envisageable ?

crédit photo : Jean-Louis Fernandez

Dans le binôme que nous formons avec Eugen Jebeleanu, la question de l’Europe s’est d’emblée imposée entre un metteur en scène roumain et un auteur français. Dans ce voyage perpétuel entre « Est » et « Ouest », l’identité est au cœur de nos préoccupations et de nos créations précédentes : discriminations et violences faites aux minorités sexuelles (Ogres, Quartett Éditions, production Cie des Ogres, 2017), rôle des «images» dans la construction identitaire chez l’adolescent (Alice, production Théâtre Gong de Sibiu, Roumanie, 2015 ; Digital natives, Ed. Les Solitaires Intempestifs, production Comédie de Valence-CDN, 2018). Aujourd’hui, nous souhaitons donner voix à une troupe d’acteurs que nous avons réunie et questionner ensemble, dans un dialogue plurilingue, nos frontières intimes, au regard de celles qui dessinent l’Europe du 21e siècle.

L’écriture sera celle d’une pièce mosaïque, composée de scènes révélant des fables, des témoignages et des situations dramatiques où l’action prévaut sur la parole. À l’instar de mes précédentes pièces, l’écriture sera documentée, en prise directe avec le réel et nourrie de l’actualité pour en faire théâtre. C’est également dans un aller-retour constant avec le plateau et en échange avec le metteur en scène et les acteurs que se construiront ces scènes. L’écriture se mettra ainsi entièrement au service du plateau, de la mise en scène et sera créatrice et moteur de jeu pour les acteurs.

Je garderai à l’esprit, dans le développement de ces histoires et de ces témoignages, la dimension plurilingue de leur interprétation et la circulation internationale du spectacle afin que les messages portés par ses interprètes ne se perdent pas en passant d’un territoire à l’autre. Je travaillerai sur les mécanismes de l’empathie pour partager avec les spectateurs, sur un plan sensible, les questions qui nous poussent à créer ce spectacle : à quel moment sommes-nous prêts à bouger nos « frontières » ? À quel moment sommes-nous prêts à changer le monde ? »



Yann Verburgh